Les Français et le genre : vers la disparition de la notion de genre ?

Gender fluid, transgenre ou cisgenre, la notion de genre se teinte de nombreuses nuances des dernières années. Le genre est-il encore pertinent pour se définir selon les Français ? C’est quoi « être un homme » ? « être une femme » ? quel poids des clichés ? quel rôle des médias ?

L’institut CSA a souhaité interroger les Français, dans le cadre d’une étude exclusive et inédite, sur leur perception de la notion de genre et des stéréotypes qui peuvent y être associés.

Une société française progressiste sur la question du genre

Les Français sont prêts à interroger la notion de genre qui ne leur semble plus pertinente. 51% d’entre eux ne sont pas d’accord avec l’idée qu’une personne est « soit un homme, soit une femme et rien entre les deux ». Dans le détail, les 15-24 ans (57 %) et les femmes (58 % vs 44 % pour les hommes) sont les plus à l’aise avec l’idée qu’une personne puisse être ni complètement homme, ni complètement femme.

L’étude montre par ailleurs que nous nous dirigeons vers une éducation des enfants de moins en moins genrée. Seul un Français sur deux considère désormais qu’il est important d’éduquer un garçon comme un « vrai petit garçon » ou une fille comme « vraie petite fille ». Là encore apparait un clivage entre les hommes et les femmes qui se déclarent moins attachées à une éducation genrée des enfants.

Une perception collective en décalage avec une réalité encore très normée

Cette ouverture affichée à une évolution non genrée de la société est d’autant plus forte que les Français ont le sentiment qu’il s’agit d’un phénomène assez répandu autour d’eux. Ainsi, 24 % des Français déclarent connaître une personne non-binaire dans leur entourage. Et ils sont 45 % parmi les 15-24 ans.

En réalité, lorsqu’on les interroge, seuls 2 % des Français se considèrent non-binaires. De la même manière, l’étude montre une prédominance de l’hétérosexualité (89 % des personnes interrogées se disent hétérosexuelles) et de relations sexuelles hétéronormées (86 % des personnes interrogées n’ont jamais eu de relations sexuelles avec une personne du même sexe qu’elles).

Le genre, important dans l’intimité, beaucoup moins au travail

Pour 82 % des Français il est important de pouvoir identifier le genre de la personne avec laquelle ils sont en contact dans leur vie amoureuse. Mais si le genre semble essentiel en amour, il perd de son importance au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’intime. Ainsi, pour 58 % des Français il est important de pouvoir identifier le genre de la personne avec laquelle ils sont en contact dans leur vie familiale, 49 % dans leur vie amicale et 41 % dans leur vie professionnelle.

Femme désirable contre homme chef, est-ce que les clichés perdurent ?

Interrogés sur les adjectifs qui correspondent le mieux aux femmes et aux hommes, les Français définissent les femmes comme « sensibles », « maternelles » et « douces ». Les hommes se voient attribués en priorité les adjectifs « forts », « protecteurs » et « paternels ». En revanche, les femmes font jeu égal avec les hommes sur les qualificatifs liés à la force, à l’incarnation d’un(e) chef(fe) ou d’un(e) leader(euse).

Si les clichés semblent avoir la vie dure, ils sont plus souvent partagés par les hommes (74 % d’entre eux pensent que les femmes sont plus douces que les hommes vs 69 % des femmes, ou encore 71 % pensent qu’un homme doit subvenir aux besoins de sa famille vs 59 % des femmes.)

Ces stéréotypes et les diktats de beauté et de désirabilité pèsent sur les femmes qui sont nombreuses à déclarer avoir déjà souffert de devoir se conformer à certaines idées reçues : 74 % être mince, 69 % être désirable, 68 % savoir se faire discrète.

Les hommes ne sont pas épargnés non plus : 68 % ont subi l’injonction d’être ambitieux, viril (65 %), de ne jamais pleurer (65 %), d’être sexuellement performant (63 %), ou encore de savoir se battre (60 %).

Des stéréotypes véhiculés par les médias

Interrogés sur les images véhiculées par les médias, les Français ont le sentiment d’une prédominance des représentations de femmes jeunes (88 %) et sexy (84 %) et d’hommes musclés (6 8%), bien loin devant les représentations d’hommes s’occupant des enfants (44%) ou des tâches ménagères (35 %).

Dans le détail, les personnes interrogées estiment que la télévision et le cinéma sont les médias dans lesquels l’image des femmes a le plus évolué positivement alors qu’internet ne contribue pas assez à l’amélioration de l’image des femmes.

Et d’ailleurs, 40 % des personnes interrogées considèrent que les chaînes de France Télévision contribuent à améliorer l’image des femmes sur le petit écran.

Télécharger le rapport complet

Méthodologie : étude CSA réalisée en ligne du 6 au 14 mai 2021, auprès d’un échantillon représentatif de 1173 Français âgés de 12 ans et plus, construit selon la méthode des quotas sur les critères de sexe, d’âge, de profession du répondant, de région et de taille d’agglomération.

Auteur : Gabriel des Moëres

Vieux gaulliste, républicain exigeant, humaniste et conservateur.

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