Critique de la petite musique diversitaire

Si j’accusais le PSG de ne pas recruter assez d’Asiatiques, on me demanderait : mais combien d’Asiatiques ont postulé ?

Zhang Zhang, 17 septembre 2021.

Le Figaro publie une interview de la violoniste de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo Zhang Zhang. Avec un courage certain, elle s’indigne de la décision de l’English Touring Opera de ne pas renouveler le contrat de ses 14 musiciens blancs, au nom de la diversité.

Zhang Zhang n’y va pas avec le dos de son archet, rapporte David Abiker dans sa revue de presse sur Radio Classique« Aucune discrimination n’est positive. En raison de leur appartenance ethnique, des musiciens qui font partie de cet ensemble depuis 20 ans vont perdre leur travail. Au lieu de considérer les artistes comme un ensemble humain on les évalue en fonction de leur couleur de peau. N’est-ce pas ça ce que l’on appelle le racisme ? » Accuser un orchestre de discrimination envers des groupe ethniques ou des minorités est aussi absurde que d’accuser une équipe de NBA de discriminer systématiquement les Asiatiques.

Zhang Zhang poursuit son joli solo : « Si j’accusais le PSG de ne pas recruter assez d’Asiatiques on me demanderait mais combien d’Asiatiques ont postulé ? » Et la violoniste de conclure : « Je constate que ces démarches se multiplient, encouragées par des activistes autoproclamés comme si par la destruction totale de la société existante, le monde allait miraculeusement devenir plus juste, plus sur et plus porteur d’espoir. » Ces événements ne laissent présager rien de bon si nous ne tenons pas tête à cette idéologie. C’est du Zhang Zhang dans le texte. « Comme quoi, il n’y pas que les sous-marins qui envoient des torpilles », sourit le journaliste.

Source : David Abiker, revue de presse, Radio Classique, 17 septembre 2021.


Les faits

La plupart des licenciés se produisaient avec la compagnie depuis plus de vingt ans. Le directeur de l’ETO a rejeté la faute sur le Conseil des arts d’Angleterre, lequel s’est défendu d’avoir encouragé de telles mesures.

« L’English Touring Opera [ETO] va connaître d’importants changements au cours des prochaines saisons. […] Nous avons décidé de faire accroître la diversité au sein de l’orchestre. » Voici, en substance, ce qu’ont reçu les musiciens de cette compagnie itinérante britannique, à la centaine de représentations par an. Au moins 14 d’entre eux ont été informés de l’arrêt de leur collaboration avec l’ETO. Leur tort ? Être blanc.

Âgés de 40 à 66 ans, ceux-ci ne se verront pas proposer de contrat avec la compagnie au printemps 2022. Se dédouanant, le directeur de l’institution, James Conway, fait état d’une injonction de la part du Conseil des arts d’Angleterre (Arts Council England) : « Cette démarche est conforme aux directives fermes de l’Arts Council, principal bailleur de fonds des tournées de l’ETO, et de la plupart des fonds qui soutiennent l’ETO », s’est-il défendu dans la même lettre, reproduite par The Daily Mail. L’instance, émanation du département de la culture britannique (bien qu’il s’agisse d’un organisme public non-ministériel), soutient l’orchestre à hauteur de 1,78 million de livres par an.

Le Conseil a riposté face à ces accusations, arguant qu’il n’avait jamais conseillé à l’English Touring Opera de licencier des musiciens : « Nous n’avons pas demandé à l’English Touring Opera d’envoyer cette lettre et sommes actuellement en discussion avec l’ETO pour nous assurer qu’aucun critère financier n’a été enfreint » lors de ce « licenciement » massif. Car les musiciens, qui travaillent officiellement comme indépendants, peuvent quitter l’opéra d’une saison à l’autre et sans autre forme de procès, bien que leur poste puisse paraître, pour les plus anciens, un emploi fixe.

La décision de la direction a été condamnée par le syndicat des musiciens [Musicians Union, NDLR], qui s’est dit « consterné » par cette lettre. « Cela équivaut à ce que près de la moitié de l’orchestre perde son poste, s’est-il désolé. Bon nombre des membres qui ont été informés qu’ils ne seront pas engagés pour la saison 2022 se produisent avec l’ETO depuis vingt ans ou plus. » D’autant que la pandémie a fortement précarisé les artistes au Royaume-Uni, lesquels n’ont pu compter, durant les dix-huit derniers mois, que sur de maigres subventions et des prêts pour subvenir à leurs besoins. Les membres de l’orchestre comptaient justement sur la saison du printemps 2022 pour reprendre le travail et rembourser leurs dettes.

La direction a également fait savoir que des entretiens avaient d’ores et déjà eu lieu afin de remplacer les partants. « Comme vous le savez, la compagnie a nommé un nouveau directeur musical, Gerry Cornelius. Gerry sera impliqué dans le conseil sur les engagements orchestraux indépendants : il a été chargé de travailler avec Phil Turbett sur le façonnement de l’orchestre moderne. Il y a eu des auditions récentes », a détaillé Conway dans son courrier, lequel a déclaré « laisser la porte ouverte à des engagements en freelance à avenir ».

Source : Lou Fritel, Le Figaro, 16 septembre 2021.

Auteur : Gabriel des Moëres

Vieux gaulliste, républicain exigeant, humaniste et conservateur.

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