De J.K. Rowling à Dave Chappelle, ces artistes et intellectuels accusés de « transphobie »

La liste des personnalités accusées de « transphobie » par des militants s’allonge. Dernière cible en date : l’humoriste Dave Chappelle, soutenu par Netflix. Comme lui, des artistes et des universitaires subissent des menaces pour avoir émis des opinions jugées « haineuses » voire « dangereuses » envers les personnes trans.

« Le genre est un fait. Chaque être humain dans cette pièce, chaque être humain sur Terre a dû passer entre les jambes d’une femme pour être sur Terre. C’est un fait. » Voici un exemple de propos qui vaut aujourd’hui une volée de bois vert à Dave Chappelle. L’humoriste américain est accusé de « transphobie » pour The Closer, son nouveau spectacle sorti cette semaine et diffusé sur Netflix. Certaines de ses répliques comme « Ça reste un mec avec une robe » ont provoqué un torrent d’indignation et d’appels au boycott sur les réseaux sociaux.

Jaclyn Moore, productrice pour Netflix de la série Dear White People, est elle-même transgenre. Elle a affirmé qu’elle ne travaillerait plus avec la plateforme de vidéo « tant qu’elle continuerait à diffuser et à profiter de contenus aussi ouvertement et dangereusement transphobes ». La National Black Justice Coalition, une association de défense des droits LGBT des personnes noires, a même demandé la déprogrammation du spectacle de Dave Chappelle.

En dépit de ces pressions, Netflix a décidé de tenir bon et d’apporter son soutien à l’humoriste. Dans une note du 9 octobre adressée aux employés, Ted Sarandos, le codirecteur exécutif du groupe, reconnaît « qu’il est difficile de faire la distinction entre commentaire et préjudice, en particulier avec la comédie stand-up qui existe pour repousser les limites », mais que les propos de Dave Chappelle, qui est « l’un des humoristes les plus populaires aujourd’hui », ne s’apparentent pas à de la haine.

J.K. Rowling, la cible préférée

Dave Chappelle est loin d’être le premier artiste visé par des accusations de transphobie. Depuis des années, J.K. Rowling est la cible de critiques virulentes sur le sujet. L’écrivaine évoque les spécificités biologiques des femmes, qu’elle considère comme invisibilisées au nom de « l’inclusion » des personnes transgenres.

En juin 2020, elle a par exemple réagi à un article qui évoquait « les personnes qui ont leurs règles » pour désigner les femmes. « Je suis sûre qu’on devait avoir un mot pour ces gens, a-t-elle ironisé. Que quelqu’un m’aide. Fammes ? Fommes ? Fimmes ? » Après s’être attiré les foudres de nombreux internautes et militants, elle a publié un long billet sur son blog où elle précise que « si le sexe n’est pas une réalité, alors ce que vivent réellement les femmes à travers le monde est effacé ».

Celle qui est devenue mondialement connue avec sa saga Harry Potter n’a d’ailleurs jamais reçu le soutien des acteurs principaux de la série adaptée. « À tous ceux dont l’expérience des livres a été ternie, je suis désolé pour la douleur que vous ont causé ces propos », a déclaré l’acteur Daniel Radcliffe, qui incarnait Harry Potter.

Même son de cloche du côté de Rupert Grint, l’interprète de Ron Weasley, pour qui « les femmes trans sont des femmes, les hommes trans sont des hommes. Chacun devrait avoir le droit de vivre entouré d’amour sans être jugé ». Seul Robbie Coltrane, qui joue le géant Hagrid, a défendu l’écrivaine. « Je ne sais pas pourquoi, mais il y a toute une génération de gens sur Twitter qui traîne en attendant d’être choqués par quelque chose », a-t-il témoigné à Radio Times en septembre 2020.

Autre cas : celui de Buck Angel. Cet homme trans américain, acteur et producteur de films pornographiques, vole régulièrement au secours de J.K. Rolling. Lui-même est né femme. Il a toujours été un fervent défenseur des droits LGBT. Mais il ne nie pas pour autant la binarité des sexes. Une différence persiste bien entre un homme trans, comme lui, qui est né avec un vagin, et un homme né avec des organes génitaux mâles, a-t-il soutenu à plusieurs reprises. Une partie de la communauté transactiviste lui a tourné le dos depuis.

Kathleen Stock, peur sur le campus

Le milieu universitaire n’est pas épargné non plus. Cela fait des semaines que Kathleen Stock, une professeure de philosophie à l’Université du Sussex, dans le sud du Royaume-Uni, alerte sur les menaces dont elle est victime de la part d’étudiants et d’internautes. Son tort : avoir remis en cause le changement de sexe, ce qui a suffi pour qu’elle soit taxée de « transphobe ». Interrogée le 10 octobre dans le Sunday Times, cette universitaire, féministe et lesbienne, déplore le développement d’une « culture de la peur » sur les campus.

À l’Université du Sussex, de nombreux étudiants ont demandé son licenciement. Certains se sont rendus sur place avec des masques et des cagoules portant des pancartes indiquant « Stock épuisé ». La police, de son côté, lui a conseillé d’installer une caméra à l’entrée de son logement.

Le personnel « a le droit absolu de dire et de croire ce qu’il pense », a déclaré Adam Tickell, le vice-chancelier de l’université, à BBC News. Liz Truss, la ministre des Femmes et de l’Égalité a également témoigné son soutien à la professeure : « Personne ne devrait être ciblée et harcelée simplement pour une opinion. » Pour autant, Katleen Scott continue de se sentir « très tendue et un peu folle ». « Je ne dors pas très bien, c’est surréaliste », a-t-elle ajouté au Sunday Times.

Source : « De J.K. Rowling à Dave Chappelle, ces artistes et intellectuels accusés de ‘transphobie' », Marianne, 12 octobre 2021.

Auteur : Gabriel des Moëres

Vieux gaulliste, républicain exigeant, humaniste et conservateur.

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