Universités américaines : bienvenue à Gattaca ?

Quand mentir sur son ADN devient un moyen pour vivre ses rêves… Le film culte d’Andrew Niccol est, en quelque sorte, devenu réalité : 34 % des étudiants blancs ont menti sur leur race pour améliorer leurs chances d’être admis dans un collège ou une université aux États-Unis et de bénéficier d’aides financières, selon une enquête réalisée par le site Intelligent.com.

Chaque année, des candidats à l’université remplissent des dossiers d’admission dans l’espoir que leurs notes, leurs activités extrascolaires et leurs recommandations leur permettront de se démarquer et d’être acceptés dans l’établissement de leur choix. Or, certains candidats à l’université donnent mentent sur leur identité raciale dans le but de profiter des politiques de diversité et d’inclusion (Diversity & Inclusion) de l’établissement qu’ils visent, soit pour augmenter leurs changes d’être admis, soit pour obtenir une aide financière plus importante.

Intelligent.com, un site d’information indépendant à destination des étudiants, a demandé à 1 250 candidats blancs âgés de 16 ans et plus s’ils avaient menti dans leur dossier de candidature en indiquant qu’ils appartenaient à une minorité raciale.

L’enquête a révélé que 34 % des Américains blancs ayant fait une demande d’inscription à l’université ont faussement déclaré dans leur dossier qu’ils appartenaient à une minorité raciale.

La première raison pour laquelle les candidats ont feint d’appartenir à une minorité est d’améliorer leurs chances d’être acceptés (81 %). Cinquante pour cent ont également menti pour bénéficier d’une aide financière destinée aux minorités.

Les hommes sont trois fois plus susceptibles que les femmes de mentir sur leur race dans une demande d’inscription à l’université. Quarante-huit pour cent des hommes interrogés ont déclaré appartenir à une minorité dans leur demande d’admission à l’université, contre seulement 16 % des femmes.

Le mensonge varie également en fonction des groupes d’âge. Quarante-trois pour cent des personnes âgées de 35 à 44 ans et 41 % des 16-24 ans admettent avoir simulé leur appartenance à une minorité raciale lors de leur candidature à l’université. Ces taux sont plus faibles pour les 25-34 ans (31 %), les 45-54 ans (28 %) et les 54 ans et plus (13 %).

L’amérindien est le statut minoritaire le plus souvent revendiqué

Près de la moitié des répondants qui ont menti sur leur appartenance à une minorité (48 %) se sont identifiés comme Amérindiens dans leur demande. Treize pour cent ont déclaré être latinos, 10 % ont déclaré être noirs et 9 % ont déclaré être asiatiques ou insulaires du Pacifique.

Deux fois plus d’hommes que de femmes ont déclaré être d’origine amérindienne sur leur demande (54 % contre 24 %). Par ailleurs, une femme sur quatre (24 %) a déclaré être latino. Les femmes sont également deux fois plus susceptibles que les hommes de prétendre être noires (18 % contre 8 %).

Selon Kristen Scatton, rédactrice en chef d’Intelligent.com, la prévalence des candidats qui prétendent avoir des ancêtres amérindiens est peut-être due au fait que, pour de nombreux Américains, un petit pourcentage de leur ADN provient d’une tribu amérindienne.

« Les candidats à l’université qui tentent de donner un coup de pouce à leur candidature en prétendant appartenir à une minorité raciale peuvent s’appuyer sur l’idée que de nombreux Américains d’origine européenne ont un peu d’ADN amérindien dans leur lignée », explique-t-elle. « Toutefois, les recherches ont montré que ce n’est pas si fréquent, en particulier chez les Américains blancs. Mais les candidats misent sur le fait qu’aucune université ne va leur demander de fournir un échantillon d’ADN pour vérifier. »

Les trois quarts des étudiants ayant simulé leur appartenance à une minorité ont été acceptés

Soixante-dix-sept pour cent des personnes qui ont prétendu appartenir à une minorité raciale dans leur dossier de candidature ont été acceptées par les collèges auxquels elles ont menti.

Si d’autres facteurs ont pu jouer un rôle dans leur acceptation, la majorité des candidats qui ont menti et ont été acceptés (85 %) pensent que la falsification de leur statut de minorité raciale les a aidés à obtenir leur admission à l’université.

Malgré les inconvénients éthiques et moraux, Scatton avertit les futurs candidats qu’il ne vaut pas la peine d’essayer des stratagèmes similaires pour augmenter leurs chances d’être admis.

« Mentir à propos de quoi que ce soit, y compris de sa race, dans une demande d’admission à l’université n’est jamais une bonne idée », prévient Kristen Scatton. « Les universités peuvent et vont annuler les offres d’admission si elles découvrent que les étudiants ont menti pendant le processus de candidature. »

Méthodologie

Toutes les données figurant dans ce rapport proviennent d’une enquête commandée par Intelligent.com et réalisée en ligne par la plateforme d’enquête Pollfish. Au total, 1 250 Américains blancs ont été interrogés. Pour participer à l’enquête, chaque personne interrogée devait avoir déjà fait une demande d’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur ou une université aux États-Unis. Cette enquête a été menée le 13 juillet 2021. Il a été demandé à tous les répondants de répondre à toutes les questions en toute sincérité et au mieux de leurs capacités. Pour obtenir les données complètes de l’enquête, veuillez envoyer un courriel à Julia Morrissey à l’adresse julia@intelligent.com.

Auteur : Gabriel des Moëres

Vieux gaulliste, républicain exigeant, humaniste et conservateur.

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